Verviers : carte de Hodimont
Projet « Hodimont en V.O. » par Des Images et Le CAP

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La fabrication des intercesseurs à l’intérieur d’une communauté apparaît bien chez le cinéaste canadien Pierre Perrault. [...] Perrault pense que, s’il parle tout seul, même s’il invente des fictions, il tiendra forcément un discours d’intellectuel, il ne pourra pas échapper au « discours du maître ou du colonisateur », un discours préétabli. Ce qu’il faut, c’est saisir quelqu’un d’autre en train de « légender », en « flagrant délit de légender. » Alors se forme, à deux ou à plusieurs, un discours de minorité. [...] Prendre les gens en flagrant délit de légender, c’est saisir le mouvement de constitution d’un peuple. Les peuples ne préexistent pas.

Gilles DELEUZE, Les intercesseurs, P. 8

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Editorial

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    Pour notre première sortie, il fait plein soleil. Tant mieux ! On part vers la rue Cerexhe, devant la Vesdre. Si nous avons une certitude sur les limites de Hodimont, c’est bien la frontière naturelle de la rivière. De l’autre côté, c’est le centre, les magasins, notamment. De ce côté, nous voyons pourtant plusieurs enseignes de restaurant, un certain chic bien différent de la rue de Hodimont.

  • Le cinéma de Hara Kazuo - Personne ne doit sortir indemne

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    Le 2 octobre 2011 par Emmanuel Massart

    Quel spectateur exige Hara Kazuo ? Un spectateur qui s’engage dans le film complètement, quitte à perdre pied, tout comme les personnages sont prêts à aller au bout d’eux-mêmes, en parallèle de Hara qui joue également de sa propre personne à maints égards : son argent pour produire, sa vie sentimentale dans Extreme Private Eros : Love Song 1974, des personnages proprement incontrôlables, des situations où l’instinct prime sur la réflexion.

  • « Goodbye CP » de Kazuo Hara

    Rubrique Défendre des films et ceux qui les font
    Le 2 octobre 2011 par Emmanuel Massart

    Première réalisation de Hara, ce film 16mm artisanal prolonge son expérience préalable comme assistant dans une école pour enfants handicapés de Tokyo. Encourageant à l’époque les élèves les plus âgés à sortir en ville et se confronter au monde extérieur, il note ainsi les regards horrifiés des passants. C’est la matrice du film à venir : l’opposition entre valides et non-valides, nous et eux.

  • « Extreme Private Eros : Love Song 1974 » de Kazuo Hara

    Rubrique Défendre des films et ceux qui les font
    Le 2 octobre 2011 par Emmanuel Massart

    Avec Extreme Private Eros : Love Song 1974, Hara poursuit à la fois son travail de sape de la société japonaise tout en retournant la lame de sa caméra contre lui-même, exposant sa vie tout en en faisant un objet politique. Sollicité par son ex-femme, Takeda Miyuki, enceinte, il lui rend plusieurs visites sur l’île d’Okinawa où elle réside.

  • « The Emperor’s Naked Army Marches On » de Kazuo Hara

    Rubrique Défendre des films et ceux qui les font
    Le 2 octobre 2011 par Emmanuel Massart

    Au début des années 80, le réalisateur Immamura Shoei travaille pour la télévision sur des portraits d’anciens soldats ayant combattu dans le Pacifique. Sur sa route, il rencontre Okuzaki Kenzo qui a servi en Guinée. Face à la caméra, l’homme met en cause l’empereur Hiro Hito, tabou absolu au Japon, ce qui signe l’arrêt de mort du film pour la télé.

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    Rubrique Défendre des films et ceux qui les font
    Le 2 octobre 2011 par Emmanuel Massart

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    Rubrique GE n°03 - Le prof de morale Jacques Duez
    Le 7 septembre 2010 par Emmanuel Massart

    De temps en temps, je crois qu’il faut accepter de se dévoyer. Au fond, à mon sens, c’est la seule façon de pouvoir rentrer en relation avec quelqu’un. Quand un gosse me dit : « Moi, je n’aime pas les noirs : ils puent. » Ca m’intéresse, je dis : « Tiens, comment ça se fait, comment est-ce qu‘on construit ?... » J’aimerais rentrer dans sa peau, dans son esprit. « Ils puent », et j’essaie vraiment de me dire : « Un noir, ça pue. »