Verviers : carte de Hodimont
Projet « Hodimont en V.O. » par Des Images et Le CAP

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EUGENIE

Je présente mes mains l’une contre l’autre parce qu’elles sont des amies intimes qui s’entraident. Chaque fois qu’une a un problème, l’autre intervient pour l’aider.

Mes mains racontent une longue vie, visibles dans les lignes. Je leur dis tous les jours merci. Elles me permettent de travailler, de toucher, de parler, de m’exprimer.

Dans mon travail avec les enfants en maternelle, mes mains sont essentielles : elles me permettent d’être en contact avec les petits, leur donner la main, les rassurer, les consoler, les aider à avoir plus confiance en eux et leur permettre aussi d’avoir confiance en moi…

LOUISE - La fleuriste du quartier, rue de Hodimont

J’avais 14 ans quand j’ai commencé à confectionner des gerbes. Ma mère était fleuriste elle-même parce que ses parents ne voulaient pas qu’elle aille à l’usine. Ils voulaient qu’elle ait un métier et donc elle est devenue fleuriste.

Mes parents et moi, on n’a jamais eu de belles mains. Avec un travail de fleuriste, on ne saurait pas avoir de belles mains, on travaille la terre, les fils de fer, trop de choses qui les enlaidissent. Dans notre commerce, on a toujours tout fait nous-mêmes, on n’achète rien de déjà fait. Celles qui ont de belles mains, elles achètent des choses toutes faites.

Quand je vais au cimetière sur la tombe de mes parents, je reconnais en passant à côté de certaines tombes les gerbes que j’ai réalisées…

Je suis décidée à arrêter mon commerce fin décembre de cette année mais cela va être dur. Ma vie, c’est les fleurs.

FRANCINE

Mes mains je les vois comme mon outil de travail. Je suis fleuriste et horticultrice de formation. J’ai passé une vie avec des mains rugueuses, toujours pleines de terre. Je n’ai jamais voulu mettre des gants, pour ce besoin de sentir les choses, et notamment la terre. Aujourd’hui, elles sont plus douces parce que je ne travaille plus.

MURIELLE

Mes mains souffrent le martyr à force de nettoyer à longueur de journée. Je travaille à l’école, rue de la chapelle.

ANNE-MARIE

J’aime faire le point de croix, broder, tricoter, crocheter, coudre. Tout ce qui est manuel, moi j’adore… Et voilà à quoi servent mes mains.

EMINE

L’henné, c’est une couleur, une odeur. En ce moment, nous en faisons pour le plaisir, l’esthétique, la couleur.

Dans la tradition, l’henné signifie qu’on devient femme. La veille du mariage, il y a une soirée qui se pratique, c’est le jour de l’henné. On met de l’henné sur les mains et le visage de la future mariée et ça signifie qu’elle enterre sa vie de jeune fille, qu’elle devient adulte, qu’elle devient femme, qu’elle va avoir un mari, un foyer, qu’elle n’est plus enfant. C’est un signe.

HENNE : Plante du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord (lythrariacées), dont l’écorce et les feuilles séchées et pulvérisées fournissent une poudre colorante jaune ou rouge. Cette poudre est utilisée en particulier dans les pays musulmans pour teindre les cheveux, les ongles, réaliser des ornements sur la paume des mains et la plante des pieds. (Dictionnaire Le petit ROBERT – 2009)

ALEXY

Mes mains, elles ne sont pas très abimées, elles n’ont pas trop vécu. Elles montrent sans doute que je ne suis jeune et pas très manuel. Mes ongles sont rongés, ce qui indique une certaine nervosité. J’ai juste 2 grosses cicatrices : une chute dans une cour de récré. Et ces cicatrices ont grandi en même temps que ma main. Le fait que je les ai croisées montre un côté assez sociable, j’aime bien rencontrer des gens, partager des choses avec eux. Donc pourquoi séparer ma main gauche de ma main droite quand elles peuvent être unies ?

Hodimont par ses rues

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