Verviers : carte de Hodimont
Projet « Hodimont en V.O. » par Des Images et Le CAP

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Arpenter les rues, déambuler dans Verviers, traverser la ville, une habitude quotidienne pour Manar, Saida, Sara et Siham, adolescentes du quartier de Hodimont.

Regards croisés - Les images de Manar
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Ce qui change cette fois, c’est qu’elles ont un appareil photo en mains et une question à l’esprit. Elles partent à la recherche d’un coin de paradis, elles questionnent leur passé, elles s’interrogent sur l’insécurité, sur leur révolte, elles vont à la rencontre de leurs identités multiples, elles s’inquiètent de savoir « où sont les femmes ». Et tentent de traduire leurs réponses par des photos, leurs photos.

Ces moments de prise de vue, étapes majeures dans ce projet, se sont montrées riche d’enseignement, pour nous travailleurs sociaux. Nous, qui les avons « escortées » quelquefois dans leur pérégrination à travers la ville.

Regards croisés - Les images de Saida
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D’abord, des paysages, des lieux, des édifices à photographier…. Une manière d’apprivoiser l’appareil photo, de prendre le temps de s’immobiliser, de se positionner, de cadrer. La plupart d’entre elles trouvaient cela aisé et amusant. Seules ou à deux, elles sillonnaient les rues, flânaient dans les parcs,… en quête d’un coin de paradis, d’un bout de passé.

Puis, le thème de l’insécurité à traiter. Et pour plusieurs, l’insécurité est liée à la nuit. Se balader le soir, à la nuit tombée n’est pas habituel pour ces jeunes femmes. Surtout avec l’idée de s’arrêter pour prendre des clichés. L’opportunité était là, elles ont voulu la saisir. Notre présence leur importait, nous les avons accompagnées.

Regards croisés - Les images de Sara
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La nuit, leur insécurité s’accentue dans le fait de passer devant des groupes, des bandes de gars rassemblés sur une place, sur un banc, sur un mur… Malaise d’être seule face à un groupe, trouble que l’obscurité intensifie encore. Alors là, prendre des clichés s’avérait assurément périlleux, et imposait une stratégie réfléchie… il s’agissait de s’écarter du champ de vision de notre groupe cible, dégainer l’appareil photos caché dans le sac, appuyer promptement sur la « gâchette » et se volatiliser le plus vite possible, l’image dans la boîte noire !!

Ensuite, tenter de représenter ses identités multiples par une prise de vue, pas si simple… L’exprimer par des mots fut tout aussi complexe. Certaines ne voyaient pas comment s’y atteler. Le résultat : des prises de vue plus « au-dedans » des logis, pour des réponses plus intérieures, plus intimes.

Et enfin, cette question, fil conducteur du projet, « Où sont les femmes ? ». Les filles y répondent : elles sont au marché, à la sortie des écoles, dans les magasins d’alimentation, dans les boutiques, à la mosquée, dans leur cuisine, au cours de français,… finalement, elles sont partout mais s’attardent sans doute plus rarement sur les lieux publics…

Regards croisés - Les images de Siham
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Les réponses sont là, les idées de prises de vue aussi mais le temps manque, le projet se termine. Des photos ne verront pas le jour, elles resteront sous forme d’images dans nos têtes. Certes, elles nous auraient permis d’aller plus loin dans la démarche, de questionner davantage, d’entrer en relation et de créer du lien afin de comprendre mieux le monde qui nous entoure. Une porte d’entrée vers un nouveau projet, le début d’une nouvelle histoire… Histoire dans laquelle les jeunes sont les acteurs principaux…

Anne Domken
Travailleuse sociale au CAP

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