Verviers : carte de Hodimont
Projet « Hodimont en V.O. » par Des Images et Le CAP

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Entre mars et juin 2007, à la suite de l’expérience défunte du séminaire « Qu’est-ce que le cinéma ? », nous avons repris l’idée de réfléchir à nos exigences, nos besoins, nos doutes aussi.

Désireux de nous tenir du côté du cinéma en train de se faire, sans nous couper de l’histoire du cinéma dans ce qu’elle nous paraît la plus vivante, nous avions lancé un groupe de travail rassemblant des étudiants de cinéma de Bruxelles, de Louvain-la-Neuve, accompagné de quelques francs-tireurs.

De quel cinéma avons-nous besoin ? Sommes-nous condamnés à la solitude ? Comment faire lien avec d’autres ? Comment satisfaire ces exigences en regard de réalités professionnelles et autres ? Des questions simples. Des questions vastes.

Nous nous sommes donc vus quatre fois en tout, entre Bruxelles et Liège, avec l’envie de voir des films, de discuter, de susciter des collaborations, de nous mettre au travail et aussi, de se balader ensemble sur les territoires de la ville.

Bref de tenter une fois de plus de nous doter d’une histoire commune. Ce groupe a donné lieu à des collaborations entre étudiants et non-étudiants, entre Liège et Bruxelles, appelant à métamorphoser les liens mis en place. Nous y reviendrons une prochaine fois pour vous en reparler et rendre compte de ce qui est en train de se faire.

-  Nouvelle tentative de nous décrire n°01 Jeudi 29 mars 2007

L’idée nous travaille depuis longtemps et nous en avons régulièrement évoqué le besoin, le projet : constituer un groupe de travail, au départ d’un noyau d’étudiants de l’Insas, mais hors de tout programme « scolaire », ouvert à tout qui le souhaite, qui se donnerait pour but de penser le cinéma comme il advient, chacun apportant ses connaissances, ses questions, ses intuitions, ses films, ses emballements, autrement dit son expérience et sa pierre, tous à égalité ; il n’y aura pas de maître.

Film vu :
- Le règne du jour de Pierre Perrault (1967 - 119 min.)

-  Nouvelle tentative de nous décrire n°02 Samedi 21 avril 2007

Notre méthode, certes empirique et modeste, sera celle que nous nous sommes fixés : d’abord voir ensemble, répertorier, décrire ces films inassimilables qui nous parviennent maintenant d’un peu partout, interroger leurs pratiques comme leur usage de la caméra, repérer les questions qu’ils nous posent, penser leurs conditions d’existence et notamment cet accord qu’ils ne cessent d’inventer entre leur projet esthétique et leur économie. Constituer ainsi, dans la rencontre avec eux, partant de notre expérience de spectateur, une documentation inédite où nous forgerons chemin faisant les outils de pensée qui nous manquent.

Films vus :
- Il y a encore de la lumière de Lydie Wisshaupt-Claudel (2006 - 20 min.)
- Le zoo, l’usine et la prison d’Eve Duchemin et Jean-Pierre Griez (2006 - 70 min.)

-  Nouvelle tentative de nous décrire n°03 Mardi 15 mai 2007

Pour cette troisième rencontre, nous avons regardé ensemble Amsterdam via Amsterdam de Roger Van Eck et Rob Rombout pour discuter ensuite le gras avec Rombout. Amsterdam via Amsterdam est un road-movie aux confins des extrémités du globe. D’Amsterdam, la capitale des Pays-Bas jusqu’à deux îles homonymes. L’une est située dans l’Antarctique, l’autre fait partie de l’archipel Spitsberg de la Norvège. Les deux compères entreprennent leur voyage avec cette incertitude de l’âge mûr qui n’est pas sans rappeler la témérité de leurs aînés, glorieux explorateurs. Voyage donc, c’est-à-dire un processus de rencontre entre ici et ailleurs.

Film vu :
- Amsterdam via Amsterdam de Rob Rombout et Roger Van Eck (2004 - 80 min.)

-  Nouvelle tentative de nous décrire n°04 Samedi 30 juin 2007

Il était dans un premier temps question de prendre une journée pour continuer à voir des films ensemble, des films amenés par une partie d’entre nous, de manger, discuter dans le cadre tranquille de l’Aquilone à Liège. La proximité des vacances nous a fait revoir nos prétentions autour d’une marche flânant sur les collines de la ville, du côté d’Herstal et des quartiers entre hautes herbes sauvages et maisons ouvrières. Il y a eu du cinéma justement, dans ces foulées prétexte à paroles, devisant dans l’effort du paysage. Une des plus belles expériences ce cette association...

Film vu : Les oliviers de la colère de James Blue (1962 - 81 min.)

-  Images sauvages n°06 Dimanche 07 octobre 2007

Afin de donner plus d’ampleur à ce groupe de travail et l’ouvrir aussi au public, nous avions invité le cinéaste Denis Gheerbrant autour de son premier film « Et la vie », film ouvrant la possibilité de rencontre avec l’autre, pratique du cinéma nous intéressant au plus au point alors que nous sommes au travail sur Les Vues Liégeoises, justement dans l’optique de s’investir dans un quartier de Liège. Gheerbrant n’a pu venir mais ce n’est que l’annonce d’un Images sauvages n°6 e mezzo...

Film vu :
- Et la vie de Denis Gheerbrant (1991 - 105 min.)

Ces rencontres ont donné lieu à quelques textes, interventions sur des films vus, des sentiments, des besoins, une réflexion sur le cinéma. Voici la liste...

- Sur le cinéma de Pierre Perrault par Patrick Leboutte

Que serait le cinéma mondial sans l’Ile-aux-Coudres et plus encore sans ses habitants, marins et paysans, pêcheurs et constructeurs de goélettes, égarés au Québec dans l’estuaire du Saint-Laurent ? Leur rencontre avec Pierre Perrault, fils spirituel de Robert Flaherty, consacra définitivement le cinéma direct, imposant le son synchrone, offrant aux cinéastes d’enregistrer simultanément les images et les sons, immergés jusqu’au cou dans la matière, au plus près de la réalité filmée.

- Entre les lignes par Emmanuel Massart
Réactions et réflexions après Nouvelle tentative de nous décrire n°02

Nous avons manqué de temps pour la discussion après avoir visionné les trois films au menu de le rencontre du groupe de travail, le 21 avril dernier. C’est donc en petits groupes, dans les cafés, ou via le web que la discussion a démarré. Comme promis, on publie deux, trois choses qui nous sont parvenues et qui sont des notes plus que des conclusions.

- Le peuple, la ville et le cinéma - A propos de « La galerie de la mer » de Philippe Van Cutsem par Emmanuel Massart

Il y a la route, le chemin vers la mer qui n’est encore qu’une promesse écrite sur une carte que l’on déroule devant nous, un trait rouge barrant de part en part la topographie recelant cette fameuse galerie souterraine reliant Gardanne à la Méditerranée et qui fut autrefois le quotidien des besogneux. Faire un film, apprendre à lire des plans nouveaux où ce qui nous intéresse est en-dessous du visible, le travaille pour annoncer tous ses possibles. La galerie de la mer parle sans cesse de ce qu’il déploie alors qu’il ne fait jamais la leçon. Il ne demande pas de savoir préalable au spectateur, juste une attention légère pour ce qui va surgir. Ce n’est pas encore un film, c’est déjà du cinéma.

- A propos de « L’usine, le zoo et la prison » d’Eve Duchemin et Jean-Pierre Griez par Thibaut Wenger

J’ai pleuré à la fin du film « Le Zoo, l’usine et la prison » ce matin à l’Insas, pour trois raisons je crois : parce que la petite fille est vraiment super sur ce terril avec son cerf-volant (comme tout au long du film qu’elle irradie de sa bonne gueule, même quand elle peine à dire les mots des autres), parce que l’aventure sociale est vraiment belle, et surtout parce que cette même aventure ne parvient pas à dissimuler l’évident aveu du profond asservissement populaire à l’imagerie du capital.

- Ouvrir les portes en grand par Delphine Duquesne

Alors, rien que parce qu’il a suscité ces questions, ce film est pour moi le bienvenu !! Il nous fait gagner du temps, et on pose un pied sur un terrain qu’on a du mal à aborder. C’est quoi le cinéma qu’on défend, qu’on veut connaître, diffuser, réfléchir etc.... Est-ce qu’on est capable d’en parler ?

- Notes pour un cinéma léger par Patrick Leboutte

Après un siècle d’existence, le cinéma a quitté son lit. Excédé par le formatage qu’elle suppose, il a rompu les digues où l’enserrait l’industrie. Son territoire s’est élargi. Encouragé par les nouvelles technologies numériques et libéré par les petites caméras digitales, toujours à portée de main, d’une légèreté sans précédent, sa part la plus vivante, comme la plus inventive, se situe désormais en dehors des circuits traditionnels (de formation, de production, de diffusion).

Articles de cette rubrique

  • Notes pour un cinéma léger

    Le 10 juin 2007 par Patrick Leboutte
    Après un siècle d’existence, le cinéma a quitté son lit. Excédé par le formatage qu’elle suppose, il a rompu les digues où l’enserrait l’industrie. Son territoire s’est élargi. Encouragé par les nouvelles technologies numériques et libéré par les petites caméras digitales, toujours à portée de main, d’une légèreté sans précédent, sa part la plus vivante, comme la plus inventive, se situe désormais en dehors des circuits traditionnels (de formation, de production, de diffusion).

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  • Entre les lignes

    Le 10 mai 2007 par Emmanuel Massart
    Nous avons manqué de temps pour la discussion après avoir visionné les trois films au menu de le rencontre du groupe de travail, le 21 avril dernier. C’est donc en petits groupes, dans les cafés, ou via le web que la discussion a démarré. Comme promis, on publie deux, trois choses qui nous sont parvenues et qui sont des notes plus que des conclusions. [...]

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  • Le peuple, la ville et le cinéma - A propos de « La galerie de la mer » de Philippe Van Cutsem

    Le 1er mai 2007 par Emmanuel Massart
    [...] il y a la route, le chemin vers la mer qui n’est encore qu’une promesse écrite sur une carte que l’on déroule devant nous, un trait rouge barrant de part en part la topographie recelant cette fameuse galerie souterraine reliant Gardanne à la Méditerranée et qui fut autrefois le quotidien des besogneux. Faire un film, apprendre à lire des plans nouveaux où ce qui nous intéresse est en-dessous du visible, le travaille pour annoncer tous ses possibles. La galerie de la mer parle sans cesse de ce qu’il déploie alors qu’il ne fait jamais la leçon. Il ne demande pas de savoir préalable au spectateur, juste une attention légère pour ce qui va surgir. Ce n’est pas encore un film, c’est déjà du cinéma. [...]

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  • Nouvelle tentative de nous décrire n°01

    Le 2007 par Patrick Leboutte
    L’idée nous travaille depuis longtemps et nous en avons régulièrement évoqué le besoin, le projet : constituer un groupe de travail, au départ d’un noyau d’étudiants de l’Insas, mais hors de tout programme « scolaire », ouvert à tout qui le souhaite, qui se donnerait pour but de penser le cinéma comme il advient, chacun apportant ses connaissances, ses questions, ses intuitions, ses films, ses emballements, autrement dit son expérience et sa pierre, tous à égalité ; il n’y aura pas de maître.

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  • Sur le cinéma de Pierre Perrault

    Le 2007 par Patrick Leboutte
    Que serait le cinéma mondial sans l’Ile-aux-Coudres et plus encore sans ses habitants, marins et paysans, pêcheurs et constructeurs de goélettes, égarés au Québec dans l’estuaire du Saint-Laurent ? Leur rencontre avec Pierre Perrault, fils spirituel de Robert Flaherty, consacra définitivement le cinéma direct, imposant le son synchrone, offrant aux cinéastes d’enregistrer simultanément les images et les sons, immergés jusqu’au cou dans la matière, au plus près de la réalité filmée. [...]

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  • Nouvelle tentative de nous décrire n°02

    Le 2007 par Patrick Leboutte
    La deuxième session de notre groupe de travail se tiendra comme promis ce prochain samedi 21 avril, de 10h à 12h30 et de 13h15 à 15h, dans la salle 35 de l’Insas (8 rue Thérésienne à Bruxelles, métro Porte de Namur) et vous y êtes naturellement les bienvenus. Si la séance du 29 mars se voulait encore programmatique, décrivant un contexte historique, émettant l’hypothèse d’un tiers-état du cinéma, celle de ce samedi nous mettra déjà à pied d’œuvre. (...)

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  • A propos de « Le zoo, l’usine et la prison », d’Eve Duchemin et Jean-Pierre Griez

    Le 2007
    J’ai pleuré à la fin du film « Le Zoo, l’usine et la prison » ce matin à l’Insas, pour trois raisons je crois : parce que la petite fille est vraiment super sur ce terril avec son cerf-volant (comme tout au long du film qu’elle irradie de sa bonne gueule, même quand elle peine à dire les mots des autres), parce que l’aventure sociale est vraiment belle, et surtout parce que cette même aventure ne parvient pas à dissimuler l’évident aveu du profond asservissement populaire à l’imagerie du capital [...]

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  • Ouvrir les portes en grand

    Le 2007
    Alors, rien que parce qu’il a suscité ces questions, ce film est pour moi le bienvenu !! Il nous fait gagner du temps, et on pose un pied sur un terrain qu’on a du mal à aborder. C’est quoi le cinéma qu’on défend, qu’on veut connaître, diffuser, réfléchir etc.... Est-ce qu’on est capable d’en parler ? [...]

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