Verviers : carte de Hodimont
Projet « Hodimont en V.O. » par Des Images et Le CAP

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Accueil du site / Geste cinématographique / En quête de personnages

Dans le cinéma aujourd’hui, grande place est faite à l’auteur, à son vouloir dire, à ses effets d’écriture, à sa patte. Face aux spectateurs, cette approche risque de précipiter les personnages, devenus simples soldats au service du film.

Dans cette rubrique, une galerie subjective de personnages qui ont emporté leur matériau de départ, qui nous ont saisis par leur grâce, leur présence, ce qu’ils vivent dans l’espace du film.

Quelques pièges à éviter : la compassion, le typage, le surplomb. Une boussole : le plaisir ou la fureur à suivre la parole et les gestes de quelqu’un, lui faire confiance quant à sa capacité à (se) raconter. Lui offrir notre croyance.

Prendre un personnage au sérieux, penser qu’il peut prendre en main le film au moins un instant, vivre avec ce qu’il y a à l’écran, et aussi, voir comment il s’échappe, comment un homme ou une femme n’est pas tout à fait ce que les autres voudraient lui prêter, auteur ou spectateur.

L’effet de présence du personnage, c’est une liberté à s’affranchir des programmes.

Articles de cette rubrique

  • « Sonate blanche » de Manon Coubia : à l’écoute de Malvina

    Le 2 décembre 2009 par Emmanuel Massart
    C’est d’abord Malvina Pastor qui nous regarde et non de simples images. Son visage occupe plein cadre la surface de l’écran, impose l’intimité du regard de la cinéaste auprès du spectateur. Un des éléments bouleversants du cinéma documentaire provient de ce saisissement : des inconnus viennent à nous pour la première fois. Nous ne savions pas qui était Malvina avant de la découvrir au plus proche. Nous ne la reverrons sans doute jamais, à l’inverse de la fiction et de son cortège d’acteurs professionnels. C’est la chance des premières fois.

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  • « Charlotte » de Florian Ecrepont : être parfaite entre guillemets

    Le 6 octobre 2008 par Emmanuel Massart
    Dès les premiers instants, la nudité des propos saisit le spectateur, nous tient à la gorge jusqu’à la fin. Mais ce qui me frappe avant tout, c’est la grande lucidité de Charlotte sur elle-même, la profondeur du regard qu’elle jette sur ses sœurs et sa famille recomposée, sur sa mère frustrée, pas heureuse et que c’est notre faute. C’est dans le corps que la jeune fille encaisse les coups : elle verse dans l’anorexie, veut contrôler sa vie à travers ce qu’elle mange pour répondre aux attentes, pour avoir une place.

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  • « Kes » de Ken Loach : Billy accède à la parole

    Le 25 juillet 2008 par Emmanuel Massart
    L’école est un miroir que Billy brise lors d’une séquence magnifique où il accède à la parole, transformant la classe en scène et les autres élèves en public captivé. Il emmène tout le film d’un coup, un seul, depuis l’intérieur de l’image. C’est le récit par lui-même d’un garçon qui découvre l’intensité de son regard sur le monde – ici le monde est symbolisé par un faucon.

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  • « Je suis votre voisin » de Karine de Villers et Thomas de Thier : s’en aller avec Steve

    Le 20 mars 2008 par Emmanuel Massart
    Une rue de Bruxelles, présentée brièvement par quelques plans de l’eau coulant dans une rigole, d’un chat à l’appui de fenêtre. Une rue banale en quelque sorte si ce n’est que c’est ici qu’habitent à l’époque, en 1990, Karine de Villers et son compagnon Thierry de Thier. Ni l’un ni l’autre ne sont cinéastes, ils ne peuvent à ce moment-là n’avoir qu’un désir en sortant de chez eux : aller voir brièvement aux portes d’à côté qui vit là, mettre des mots dans l’air plutôt qu’un « salut » quotidiennement ressassé dans la précipitation des allées et venues de chacun. Ce n’est pas encore un film, c’est déjà l’envie de reconquérir la rue comme lieu commun en mouvement.

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