Verviers : carte de Hodimont
Projet « Hodimont en V.O. » par Des Images et Le CAP

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Accueil du site / Geste cinématographique / Défendre des films et ceux qui les font

Au travers des projections que nous organisons, ciné-clubs et autres, ainsi que des expériences personnelles de spectateurs faites comme tout le monde dans une salle, son salon ou ailleurs, nous nous retrouvons face à des films souvent peu connus et ayant peu de chance de s’attirer les feux de la rampe médiatique voire cinéphilique.

Ces films occupent pourtant notre esprit, permettent de mieux cerner ce que nous entendons par cinéma et donc, méritent que nous vous les partagions. Ainsi, les faire connaître va de pair avec la nécessité de les défendre. Soit de notre propre plume, soit par le biais d’un critique que nous citons, soit au travers des mots du cinéaste lui-même.

Parfois, les auteurs de ces films nous font signe par la suite, remarquant notre souci de rendre de l’épaisseur à leur démarche dans le flot d’images visibles un peu partout. On s’arrête. On regarde. On cherche à donner du sens.

Bref, parler de films ici, c’est s’adresser à une communauté, non pas l’irréductible village des gaulois mais une sorte de brèche ouverte pour inviter chacun à voir d’autres cinématographies, à y mettre de l’exigence et du plaisir, à viser quelque chose qui dépasse la durée de ce que durent les films en tant que tels, à se mettre en route donc.

Articles de cette rubrique

  • Le cinéma de Hara Kazuo - Personne ne doit sortir indemne

    Le 2 octobre 2011 par Emmanuel Massart
    Quel spectateur exige Hara Kazuo ? Un spectateur qui s’engage dans le film complètement, quitte à perdre pied, tout comme les personnages sont prêts à aller au bout d’eux-mêmes, en parallèle de Hara qui joue également de sa propre personne à maints égards : son argent pour produire, sa vie sentimentale dans Extreme Private Eros : Love Song 1974, des personnages proprement incontrôlables, des situations où l’instinct prime sur la réflexion.

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  • « Goodbye CP » de Kazuo Hara

    Le 2 octobre 2011 par Emmanuel Massart
    Première réalisation de Hara, ce film 16mm artisanal prolonge son expérience préalable comme assistant dans une école pour enfants handicapés de Tokyo. Encourageant à l’époque les élèves les plus âgés à sortir en ville et se confronter au monde extérieur, il note ainsi les regards horrifiés des passants. C’est la matrice du film à venir : l’opposition entre valides et non-valides, nous et eux.

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  • « Extreme Private Eros : Love Song 1974 » de Kazuo Hara

    Le 2 octobre 2011 par Emmanuel Massart
    Avec Extreme Private Eros : Love Song 1974, Hara poursuit à la fois son travail de sape de la société japonaise tout en retournant la lame de sa caméra contre lui-même, exposant sa vie tout en en faisant un objet politique. Sollicité par son ex-femme, Takeda Miyuki, enceinte, il lui rend plusieurs visites sur l’île d’Okinawa où elle réside.

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  • « The Emperor’s Naked Army Marches On » de Kazuo Hara

    Le 2 octobre 2011 par Emmanuel Massart
    Au début des années 80, le réalisateur Immamura Shoei travaille pour la télévision sur des portraits d’anciens soldats ayant combattu dans le Pacifique. Sur sa route, il rencontre Okuzaki Kenzo qui a servi en Guinée. Face à la caméra, l’homme met en cause l’empereur Hiro Hito, tabou absolu au Japon, ce qui signe l’arrêt de mort du film pour la télé.

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  • « A Dedicated Life » de Kazuo Hara

    Le 2 octobre 2011 par Emmanuel Massart
    Quand Hara projette de faire un film avec Inoue Mitsuharu, figure littéraire d’importance au Japon, il garde au fond de lui la méthode élaborée avec Okuzaki, l’ancien militaire de The Emperor’s Naked Army Marches On. Il propose ainsi à l’homme de lettres d’écrire un script, de projeter ses propres actions à venir, avant que le réalisateur n’y infuse à son tour ses propres éléments de mise en scène.

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  • « Pour la suite du monde » de Pierre Perrault et Michel Brault (Vidéo et son)

    Le 28 février 2010 par Emmanuel Massart
    L’Office National du Film du Canada (ONF) a depuis un peu plus d’un an décidé de proposer en ligne une partie de ses collections. L’occasion de visionner en très bonne qualité plusieurs centaines de films dont notamment la trilogie de Pierre Perrault sur l’Ile-aux-Coudres, trois oeuvres fondatrices du cinéma moderne où la caméra pénétrait enfin au coeur de la vie, donnant la parole à ceux qui ne l’avaient pas jusqu’alors.

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  • Deux entretiens avec Denis Gheerbrant

    Le 25 janvier 2010 par Des Images
    Depuis plusieurs décennies, Denis Gheerbrant parcourt seul, caméra en main, les champs saillants de la France à la recherche de ce qui fait société : gens rencontrés au bord des grands routes, habitants des quartiers populaires, vacanciers installés au camping, ethnies convoquées par la lame ouverte d’un génocide. A côté des entretiens écrits que l’on retrouve ça et sur le net, deux radios ont tendu leur micro au cinéaste. Où l’on constate l’art de la parole, une recherche méticuleuse et lente des mots, un vocabulaire et la cohérence d’une démarche qui ne fait cinéma que parce qu’il y a monde. Et vice-versa.

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  • Dire qui l’on est - A propos de « Riding a horse in prison »

    Le 13 novembre 2009 par Emmanuel Massart
    Ces femmes ne cessent de s’effondrer devant nous et ne remonte qu’un visage, un visage de colère, de joie, un visage traversé de multiples lignes, des fractures de sensation bien loin des aiguilles répétitives du temps qui ne passe pas. Face à l’institution : l’intensité, une même manière qu’a la caméra de la cinéaste de chercher en quoi les gens disent qu’ils sont vivants. Quand une détenue est figée devant l’image, insensible apparemment, elle relance le processus d’une question, elle renoue le contact.

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  • Publiek isolement - A propos de « Cellule 719 »

    Le 13 novembre 2009 par Des Images
    Il y a à peine quelques images dans Cellule 719 : de temps à autre voyons-nous une percée d’eau mais sinon le film demeure dans le noir. Le texte à l’écran provient de la « lettre d’Ulrike Meinhofs dans le couloir de la mort », texte écrit par la membre de la RAF alors qu’elle était emprisonnée.

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  • Va dire aux autres que je suis comme eux - Sur « Pour vivre, j’ai laissé »

    Le 16 octobre 2009 par Emmanuel Massart
    « Vous pouvez être bien habillé, vous gardez dans le cœur les choses », prolonge un autre réfugié lors de son passage au salon de coiffure. Il ne dit plus : « le centre », le mot officiel et repris à satiété par les médias, il dit : « le camp », mot à l’histoire ô combien plus lourde. Ce sont cette fois les termes que les gens choisissent pour parler d’eux-mêmes, non ceux qu’on veut bien leur prêter. Ce n’est plus le fantasme de l’autre, construit à distance, hors de sa présence, c’est le point de vue de l’intérieur qui jaillit là, qu’il soit justifié ou non, juste ou pas.

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  • « Ce qui reste » de Fanny Dal Magro : la caméra ne suffit pas

    Le 5 mai 2009 par Emmanuel Massart
    Ce qui reste met longtemps à démarrer. Après dix bonnes minutes, la cinéaste confie ses doutes : la place ténue entre cette grand-mère silencieuse et un père qui avoue que la mémoire idéalise toujours. Un père qui essaie de souffrir le moins possible – physiquement et au-delà – alors que Fanny aimerait tout bonnement qu’il soit heureux. C’est cet homme-là, ne refusant pas d’être regardé par sa fille, qui tient le film tout entier.

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  • « La fiction de l’architecte » d’Emmanuel Massart : le quotidien s’éloigne

    Le 14 janvier 2009 par Emmanuel Massart
    Le dernier problème du quotidien, c’est qu’il est censé représenter la vie comme elle va. Ce serait une sorte de chronique froide des jours, sans enthousiasme, sans temps fort, sans direction. Une espèce de neutralité sans âme. Or, prendre une caméra implique du regard – du « je ». Surtout - et c’est là que la commande m’intéressait - le quotidien m’apparaît comme l’épopée par excellence et qu’à bien raconter la vie simple, l’on raconterait de proche en proche le monde entier. [...]

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  • « Atelier Scam » de « Filmer à tout prix » 2008 - D’une autre voix

    Le 5 janvier 2009 par Cindy Pahaut
    Cela fait trois heures que les commentaires et questions tournoient autour de la mise en péril dans le cinéma documentaire ce jeudi dans la petite salle de la Rotonde. Pour interroger le geste aventureux de filmer l’Autre, l’atelier SCAM du festival « Filmer à tout prix » 2008 a laissé libre parole à la philosophe Marie-Josée Mondzain et au psychanalyste Yves Depelsenaire, qui jaugent de leur œil distancié des extraits de films, ou de bandes-son de Marie-France Collard, Bénédicte Liénard ou Richard Kalisz pour ne citer que les noms que j’ai retenus.

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  • Pour la suite du monde : portrait du cinéaste en citoyen
    A propos de « Tableau avec chutes » de Claudio Pazienza

    Le 21 novembre 2008 par Patrick Leboutte
    (...) Mais me dira-t-on, quel rapport avec Bruegel ? Telle est exactement la question que se pose le cinéaste tout du long. Elle lui tient lieu jusqu’au bout de fil rouge : comment instruire et faire voir cette relation, ne jamais perdre de vue le tableau tout en gardant toujours en point de mire ce monde-ci, celui dans lequel nous vivons ? A quoi servirait sinon d’admirer si longuement un chef-d’œuvre de la peinture flamande s’il ne s’agissait pas aussi de s’interroger sur le destin du pays qui l’a vu naître ? A quoi servirait seulement de regarder si ce n’était pas pour croire encore en la possibilité de voir, en dépit des limites du visible cyniquement entretenues, renforcées, par les industries du spectacle et de la culture ?

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  • Construire un monde avec le cinéma
    D’après une rencontre avec Claudio Pazienza

    Le 17 novembre 2008 par Emmanuel Massart
    Je ne construis pas « le monde. » S’il n’y a que « le monde », alors il n’y a que « la vérité. » Il n’y a que l’objectivité. Un monde cerné par une seule idée, une seule phrase, un seul film. Et toi, tu étouffes. Avec le cinéma, je construis un monde. Je ne construis pas « le monde. » Je ne fais pas de propagande. Je ne suis pas un militant. Les militants disent « le monde » tout de suite. Ils disent « nous » et ils savent. Je commence par dire « je ».

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  • « Somewhere in between » de Chloé Salembier : une chanson avant de se quitter

    Le 5 novembre 2008 par Emmanuel Massart
    Chloé Salembier ne choisit pas la forme du journal intime et le film déroule les kilomètres sans voix off, sans explication du pourquoi on est là. Somewhere in between se construit plus ou moins au gré des rencontres, geste populaire où l’on parle avec les gens parce que simplement, ils sont là. Belle idée de la voiture comme espace intermédiaire où l’on offre un peu de soi avant de disparaître et retourner à la vie de tous les jours.
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  • Biographie de René Vautier

    Le 2006 par Des Images
    René Vautier est né le 15 Janvier 1928 à Camaret-sur-Mer dans le Finistère. Il s’engage dans le maquis à l’âge de 16 ans puis intègre l’IDHEC à la libération sous l’impulsion de ses camarades de combat. A 21 ans, il est engagé par la Ligue de l’enseignement pour montrer la vie en Afrique Occidentale française. Scandalisé par la violence coloniale, il entre en conflit avec les officiels français et décide de montrer ce qu’il voit. Ce qu’il arrivera à sauver du résultat de ses tournages s’intitulera Afrique 50, considéré aujourd’hui comme le premier film anti-colonial français.

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  • René Vautier à propos de la transmission

    Le 2006 par Des Images
    Il y a quelques années, une institutrice qui avait donné des cours à ma fille m’a demandé de venir parler à ses élèves dans le cadre d’un cours d’Arts plastiques / communication. J’y suis donc allé avec ma fille. J’ai dit aux gosses : la communication, c’est des choses que vous avez envie de dire, auxquelles s’ajoutent les informations que vous allez collecter pour éclairer votre propos. Ainsi, depuis toujours, des hommes ont communiqué avec leur voix, leur chant, la danse, avec les premières gravures rupestres... Le principal, c’est d’avoir quelque chose à dire, et tant que possible de le dire ensemble.

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  • « Gigi,... » - Benoît Dervaux à propos du projet

    Le 26 mars 2005 par Stefanie Bodien
    Ce qui m’intéressait : traiter un sujet universel à travers deux personnes et puis montrer que chaque enfant autour d’eux avait sa propre histoire tout aussi complexe que la leur (...)

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  • « Gigi... » - Benoît Dervaux à propos de la fin du film

    Le 25 mars 2005 par Stefanie Bodien
    J’étais tellement fâché une fois revenu que je me suis dit : « il faut que je filme. N’importe quoi mais il faut que je filme ». Ca a été cette séquence où ils sont dans les bois et s’éloignent avec un énorme désintérêt pour moi parce que je n’étais évidemment pas dans ce qui se passait après ce contretemps. (...)

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  • Oliva Oliva - la genèse du film

    Le 2005 par Stefanie Bodien
    Au mois d’août, l’occasion s’est présentée de filmer chez les Oliva. Je m’y suis rendu avec une caméra super8 et juste assez de pellicule. Avec moi également, un appareil photo, un petit micro et un pied. Le tout dans un sac à dos. Je voulais observer les apiculteurs au travail et les filmer. (...)

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  • Oliva Oliva - une vie d’apiculteur

    Le 2005 par Stefanie Bodien
    A cette époque de l’année, les hommes restent hors de chez eux pendant trois mois. Les femmes préparent de grandes quantités de nourriture en prévision de ces déplacements. (...)

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  • Oliva Oliva - extrait du journal du réalisateur

    Le 2005 par Stefanie Bodien
    Oliva Oliva ne décrit qu’une courte période - dix jours en août et encore une semaine en septembre : le travail dans les ruchers et dans l’atelier, les voyages de jour et de nuit dans les camions (...)

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  • Sur le dispositif de « Berlin 10/90 » - Extrait de « Voir et pouvoir » de Jean-Louis Comolli

    Le 2005 par Des Images
    La commande d’ARTE exigeait du cinéaste un plan-séquence d’une heure, contrainte nouvelle dans le cinéma puisque les caméras pellicule ne permettaient pas de dépasser le quart d’heure. Cela ne va pas sans décaler la place du cinéaste et du spectateur, thèmes chers au critique Jean-Louis Comolli dont nous reproduisons un extrait de son livre, « Voir et pouvoir ».

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  • Réflexions du cinéaste sur « Berlin 10/90 » - Extraits d’un entretien avec Bernard Eisenschitz

    Le 2005 par Des Images
    Robert Kramer n’était pas seulement cinéaste. Il était également pédagogue et critique dans l’acceptation la plus large du mot, reliant la pratique à la réflexion. Penser et filmer donc. Quelques extraits d’un entretien réalisé par Bernard Eisenschitz...

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