Verviers : carte de Hodimont
Projet « Hodimont en V.O. » par Des Images et Le CAP

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Les mains ? Les instruments habiles de notre quotidien, si discrètes qu’elles en deviennent invisibles. Ces mains, le plus souvent, nous ne les sentons que dans la douleur, quand « on sent qu’on vit » comme on dit, voire plus grave, devant un médecin quand nous n’y tenons plus.

Et pourtant, au fil des jours, les mains nous racontent : le travail – manuel ou pas -, la tendresse d’une caresse, la possibilité d’une culture, l’appartenance au genre humain.

La main, nous la tendons vers les autres en signe d’amitié, avec l’attention que les mots n’arrivent pas à décrire. « Ne dis rien et approche-toi. » C’est le besoin de réfléchir, la main sur le menton, frotté doucement telle la lampe d’Aladin. C’est ramassée en un poing, l’appel de la colère, l’imminence de la lutte, « en venir aux mains. » Plus tard, la nuit tombe et le poids du monde l’accompagne. La fin de journée nous laisse sans vie alors que nous nous prenons la tête entre nos doigts. Rideau. Quand il n’est plus possible de voir avec l’œil, la main continue de chercher à travers l’obscurité une porte de sortie.

La main, c’est la pudeur des êtres simples, les doigts frottés sur les yeux pour épargner quelques larmes trop marquées. C’est le signe furtif lancé à l’autre bout du trottoir à l’ami qui s’en va et que nous reverrons le jour d’après. C’est la main de la voisine que l’on tient un peu plus longuement pour indiquer l’écoute, un sourire retenu aux lèvres : « Comment allez-vous cette fois ? »

C’est le signe des victoires et plus encore, bras levés vers le ciel parce que les nuages se rapprochent enfin de nous, pauvres mortels. C’est le besoin impérieux du nouveau-né de sentir qu’il n’est pas seul pour affronter le vaste monde. C’est le geste parfois décisif quand les couples naissent, qu’une voix intérieure souffle doucement : « Vas-y. Prends-lui la main. » Le souffle court, on jette les dés. Parfois, ça marche, parfois pas.

La main, miroir de notre âme. Sans les mains, nous serions paumés, incapables peut-être de vivre nos rêves. Les mains sont de la pensée concentrée dans nos actes.

A Hodimont ? Mains d’ouvriers ou mains sur les touches d’un ordinateur, mains de la fête et du passage, mains de la promenade et du désir, mains qui rapprochent et mains qui conduisent loin. Mains universelles, en douteriez-vous ?

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