Verviers : carte de Hodimont
Projet « Hodimont en V.O. » par Des Images et Le CAP

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Accueil du site / Geste quotidien / Quartier de Sainte-Walburge : journal de travail

Le point de départ de notre travail à Sainte-Walburge est d’inventer une forme simple pour rendre compte de regards sur la ville, espace grouillant de visages, de silhouettes, de paroles, de sons qui se relient sans cesse devant le passant pour s’évanouir l’instant d’après. Tous ces éléments nous semblent impossibles à cerner d’une seule image parce que la ville est multiple.

Ce désir de savoir qui est cet autre et comment s’élabore la ville nous oblige à un double geste. Premièrement, nous déplacer pour aller voir, arpenter, écouter, modestement nous tenir présent et permettre qu’une relation naisse avec des gens que nous ne connaissons pas et qui d’ailleurs, ne nous attendent pas, voire se méfient. Cet inconnu au plus proche – dans la même ville - et que l’on ne voit pas si nous ne voulons pas le voir.

Second geste : nous voudrions ne pas tenir la place de réalisateur mais donner les moyens techniques nécessaires aux habitants de Liège pour rendre compte à leur tour d’une manière de vivre, de questions, d’un imaginaire qu’ils puissent partager. Nous désirons partager avec eux et la ville et le cinéma. Et leur permettre de quitter leur place de spectateur silencieux et invisible pour prendre la parole.

Octobre 2007, nous avons choisi le quartier de Sainte-Walburge sur les hauteurs de la ville, derrière la citadelle. Il est à quelques jets de pierre du centre mais justement, ce n’est déjà plus le centre, les rues illuminées de grandes enseignes et les gens pressés. C’est autre chose. Pour rendre compte de notre travail d’approche, de nos questions, doutes et échecs, des rencontres et de la parole que nous espérons peu à peu permettre à l’autre, du cheminement lent des images, nous avons décidé de tenir ici un journal, saisie collective d’un quartier de Liège.

Un journal de travail qui est autant une trace qu’un espace de discussion. Nous sommes persuadés en effet de ne pas être seuls à vouloir un cinéma de la sorte, ni au fil de l’histoire, ni autour de nous aujourd’hui.

C’est parti !

Delphine Federoff, Laurent Gélise, Emmanuel Massart, Cindy Pahaut, Lionel Ravira

Articles de cette rubrique

  • Page 18 : Documentaire sonore « Les travaux du berger »

    Le 1er août 2010 par Lionel Ravira
    Suite à mes errances à Sainte-Walburge, je vous propose ce petit documentaire sonore consacré à Dominique, le berger du terril de la Batterie.

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  • Page 17 : Portfolio de la boulangerie de Dominique

    Le 25 janvier 2010 par Emmanuel Massart
    Nos allées et venues à Sainte-Walburge - volonté de rendre compte d’un quartier de Liège avec le cinéma – pourraient paraître se faire plus rares pour le lecteur de ce site. Nous n’avons plus rien écrit depuis de longs mois. Pourtant, à plusieurs reprises ces derniers temps, j’ai pu mesurer à quel point les espaces et les histoires nous travaillent sans même réfléchir, rendant à notre patience la chaleur discrète mais attentive de plusieurs gens du coin.

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  • Page 16 : Portfolio du chalet des pensionnés de Sainte-Walburge

    Le 30 janvier 2009 par Des Images

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  • Page 15 : Diaporama sonore du quartier

    Le 26 octobre 2008 par Des Images
    Diaporama réalisé par Des Images dans le cadre de notre travail d’approche du quartier Sainte-Walburge à Liège. Le diaporama mêle des extraits de prises sonores réalisées lors de rencontres, de balades dans le quartier, avec des photographies.

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  • Page 14 : Situations de rentrée

    Le 19 octobre 2008 par Emmanuel Massart
    Le vieil homme a ri avant de nous expliquer le soin à apporter à ces protégées, le jardin qu’il soigne quotidiennement, combien de litres d’eau, les saisons qui passent. Voyant l’appareil de Brigitte, il a sorti un vieux Contax et une cellule calculant la lumière, vieil héritage dont il ne sait que faire, ni comment l’utiliser. La cellule est ainsi conservée dans une gaine de cuir marron, comme ces objets précieux venus de loin et qui ont gardé une présence mi-affective, mi-étrange.

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  • Page 13 : Premières images chez Cathy, Joël, François et Emma

    Le 18 juillet 2008 par Emmanuel Massart
    Depuis Véronica il y a plus d’un mois, nous avons eu d’autres occasions, d’autres rencontres, des rendez-vous avortés d’une part, des hasards précieux de l’autre. C’est le génie de la ville de brasser tous les possibles et notre ténacité de les saisir quand ils surviennent. J’espère ainsi que l’équipe de Des Images : Delphine, Laurent, Lionel, Emmanuelle et depuis peu Dominique, prendront prochainement l’appareil photo, le crayon du dessin ou simplement la plume pour enchérir mes mots et tenir à jour ce journal de travail.

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  • Page 12 : Véronica et le point de vue des voisins

    Le 13 mai 2008 par Emmanuel Massart
    Véronica tient une place un peu spéciale dans notre projet car elle y a adhéré sans réserve après nous avoir rencontrés, acceptant d’être la première habitante à recevoir une caméra chez elle, partageant nos questions, offrant enthousiasme et disponibilité. Il est vrai néanmoins qu’elle n’a pas saisi cette caméra jusqu’ici, encombrante quand l’on est avec les enfants, demandant un minimum de préparation face à la spontanéité de la vie qui surgit aux détours des conversations, logée dans la lumière des paysages…

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  • Page 11 : La maladie des mineurs !

    Le 13 mai 2008 par Emmanuel Massart
    Nous avons rendez-vous avec Marc, rue Fond des Tawes. Plusieurs fois, j’ai tenté de fixer un moment avec lui, sans succès. Il a accueilli une de nos caméras chez lui et manifeste à présent le désir de nous la rendre. Nous insistons, avec le plus de douceur possible. Il n’a pas filmé. Pas le temps. A chaque discussion au téléphone, ou durant nos brèves visites, une modeste confiance s’installe néanmoins. Entrecoupant ses empressements à repousser notre venue, des petites choses se disent.

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  • Page 10 : Quand ils parlent des gens du quartier, on sent de l’amertume

    Le 29 avril 2008 par Laurent Gélise
    Dimanche 06 avril 2008.
    Compte-rendu de la balade à Sainte-Walburge par Laurent sous forme de texte graphique.

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  • Page 09 : Première visite chez Marc

    Le 20 mars 2008 par Emmanuel Massart
    On se sent un peu gauche à expliquer ainsi comment marche la caméra, à la grosse louche. Deux heures de cassette. Ce sera vite plein. J’ai déjà repéré ce que je voulais filmer. Le hasard des vacances lui donnera l’envie de se balader avec sa fille de 8 ans et de s’arrêter pour cadrer. La tarte est déposée sur le coin du meuble, emballée. Il nous promet d’en faire une plus grande encore, quand nous reviendrons. L’idée est qu’on regarde les images ensemble, en prenant notre temps. Il acquiesce. A l’autre bout du meuble, au pied de l’escalier, le téléphone. On s’échange nos numéros. Filmer le quartier, oui.

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  • Page 08 : Obliquer par les champs

    Le 17 mars 2008 par Emmanuel Massart
    Nous empruntons la rue Jacquet, rue étrange semblée s’être imposée au forceps à même la colline, en parallèle de la rue coupée qui elle aussi remonte vers le haut des Tawes. Les paysages gondolés ravissent nos regards et attisent les pas. Peu avant d’atteindre un groupe de trois maisons regroupées sur un pallier le long du chemin, Roger nous invite à obliquer par les champs. Un mince sentier démarre en effet là, annoncé par une plaque « Site des Tawes ».

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  • Page 07 : Je n’ai même jamais appuyé sur un bouton d’appareil photo

    Le 15 mars 2008 par Emmanuel Massart
    Un homme était assis sur ces marches, seul dans cette matinée un peu froide. Je l’ai d’abord repéré de dos, curieux de mettre un visage, curieux inconsciemment de savoir ce qui poussait là, quelqu’un, à s’asseoir et regarder tranquillement le paysage : la rue se frayant entre les prés occupés par les basses-cours, la colline des Tawes à l’horizon. Cette posture immobile du regard, c’était déjà une manière de se mettre en cinéma. Un badaud s’arrête et cadre quelque chose de l’œil. Il n’y a pas l’appareil caméra, il y a un même imaginaire pourtant.

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  • Page 06 : Je leur casse la gueule

    Le 1er mars 2008 par Emmanuel Massart
    Une fois arrivé sur place, je note quelques gosses qui tapent dans un ballon sur un terrain adjacent alors que deux motards font tourner leur moteur avidement plus loin. Un des enfants s’adresse à moi, me demandant de faire attention aux motos. Je continue et arrive bientôt en haut, remarque la végétation touffue perlant sur la pente opposée, remplie de chemins sinueux qui doivent faire un terrain de jeu fabuleux. Je reviens doucement, observe. Les motards finissent par s’en aller.

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  • Page 05 : Je n’oserais pas sortir de chez moi, le soir

    Le 25 février 2008 par Emmanuel Massart
    Je me rends compte que ma question suivante laisse l’image du journaliste de terrain venu recueillir quelques témoignages brefs autour des grandes questions de société. Comment est la vie de quartier ? Le micro de Laurent et ma question jouent à plein. Elle fait un pas de côté, pose sa voix comme la porte-parole d’un comité imaginaire : - Beaucoup de drogués, l’insécurité. Je n’oserais pas sortir de chez moi, le soir. - C’est triste de déménager et d’en arriver si vite à cette conclusion. Je n’ai pas eu l’esprit de lui demander si elle avait observé ces choses concrètement. J’ai la sensation que nous jouons avec le maillot de Bel RTL, aujourd’hui.

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  • Page 04 : Découverte du parc de la Paix

    Le 16 février 2008 par Emmanuel Massart
    Aux escaliers de Thier Savary, les maisons mitoyennes rythment leurs briques rouges monotones jusqu’en bas. Volets baissés le plus souvent. Remontant la rue Jean Haust afin de regravir la colline jusqu’à la rue Sainte-Walburge, j’ai l’œil attiré assez vite par un terrain de mini-foot un peu en retrait de la voirie, sur un terre-plein annonçant la côte même. Pas de poésie sans terrain de foot. Et celui-ci n’a pas de lignes tracées fermement mais demeure un espace vague, râpé par les gens du coin, traces de pieds dans l’herbe disparue au devant des goals. Cela s’annonce bien.

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  • Page 03 : La chapelle rue Coupée et Louise

    Le 10 février 2008 par Emmanuelle Stekke
    Les dames fuient à la vue du micro mais les hommes restent discuter. Ils sont Siciliens. Le premier est arrivé dans les années 60, accompagnant sa mère venue chercher du travail en Belgique. Le second l’a rejoint dans les années 80, d’Allemagne. Ils ne savent pas exactement de quand date l’édifice, sans doute après la guerre dira l’un d’eux. Ils l’ont toujours connu comme ça. Déjà dans les années 60, il venait jouer là avec ses copains, nous dit le premier. Le second est très troublé par l’air tracassé de la statue ornant la chapelle. Il rit doucement.

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  • Page 02 : Le triangle magique de Sainte-Walburge

    Le 5 février 2008 par Emmanuel Massart
    En recoupant tout ce que j’ai pu entendre récemment et ce jour encore, pour beaucoup le quartier apparaît d’abord un totem réduit à ses trois manifestations principales : l’église, la place et la rue Sainte-Walburge. Nous pourrions appeler cela le triangle magique de Sainte-Walburge, laissant de côté tout ce qui n’y entre pas et d’abord, toutes ces rues qui démarrent de l’artère principale, nervures discrètes du quartier et de ses habitants. C’est là, une fois conquis par le désir de découvrir le peuple des habitants que notre travail commence véritablement.

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  • Page 00 : Prêts à se lancer

    Le 22 octobre 2007 par Emmanuel Massart
    Autour de la table, nous sommes cinq, plutôt jeunes, animés de la même envie de savoir ce que nous recherchons avec les Vues Liégeoises et comment en faire un moyen pour d’autres de témoigner d’un point de vue de l’intérieur de la ville, parler de soi et du quartier de Sainte-Walburge.

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