Verviers : carte de Hodimont
Projet « Hodimont en V.O. » par Des Images et Le CAP

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Un double constat préside à la naissance de ces entretiens.

Le premier est que l’on a souvent peu de temps pour la parole, pour s’enfoncer dans le cours des mots et nommer ce que l’on est, nos questions, face aux autres et a fortiori quand l’on en passe par les médias. Des gens pourraient être passionnants, partager leur réflexion s’ils en avaient le temps, si l’on pouvait les laisser faire, quitte à garder les silences, quitte à se tromper. Qu’importe. Il en faut bien des détours pour prétendre fugitivement à une certaine justesse.

Notre second constat est le sentiment que souvent, les revues, espaces de cinéma, se cantonnent au petit monde du cinéma, alternatif ou non, de genre ou moderne, à la pointe ou à la traîne. Notre slogan, « mettre le cinéma dans la ville », imprime le désir de se poser face à ceux et celles qui habitent le monde, et non simplement une frange de celui-ci, plus ou moins savante, supposée pouvoir saisir ce que serait ce cinéma.

Au-delà de cette qualité que nous partageons tous d’être des spectateurs, il y a de simples gens - un homme, une femme - au travail avec eux-même et qui, un jour, en passe par l’outil cinéma. C’est ce que nous voudrions faire entendre dans ces entretiens, la forme la plus à même de répondre à notre besoin de mots immédiatement sauvages.

Tout comme le projet des Vues Liégeoises a dû être posé face à un quartier, dans l’usage quotidien des autres afin de donner pleinement corps à notre démarche.

Ouvrir ainsi une porte en grand, emboîter le pas de notre interlocuteur et cheminer au gré des idées, au vent des possibles, tout cela provoque quelquefois des incendies intérieurs, des remises en cause, des débordements. Tout n’est pas joué d’avance : on vient pour dire ou entendre quelque chose et finalement, on repart avec autre chose.

Vous pourrez découvrir dans les pages qui suivent le cinéaste Benoît Dervaux et l’approche de la folie, l’adolescente Christiane Perret-By découvrir la pauvreté derrière un mur à 15 ans ou Jacques Duez, professeur de morale cherchant le monde dans l’enfance.

En attendant d’autres histoires.

Emmanuel Massart

Sous-rubriques

  • GE n°01 - le cinéaste Benoît Dervaux

    En mars 2005, pour son premier anniversaire, l’ACA, l’Amicale des Cinéphiles Amoureux de Liège avait accueilli à la salle de l’An Vert le cinéaste Benoît Dervaux pour montrer son deuxième film, La devinière (2000). « La devinière » est d’abord une institution psychiatrique du côté de Charleroi qui héberge depuis 1976 des fous rejetés d’autres institutions et risquant avant tout cellule et camisole chimique. « (...)

  • GE n°02 - la jeune fille Christiane Perret-By

    Fin septembre 2007, à la mort du cinéaste Paul Meyer, figure ô combien essentielle pour Des Images (et heureusement pas que pour nous), j’avais écrit un court message à un journaliste de Libération qui l’avait répercuté sur son site. Christiane Perret-By qui avait participé à l’aventure de Déjà s’envole la fleur maigre en 1959, en pleine adolescence, avait alors posté un commentaire pour signifier combien (...)

  • GE n°03 - Le prof de morale Jacques Duez

    C’était il y a plus de deux ans. Un colloque sur les jeunes organisé dans une grande salle de Bruxelles. Les invités montaient tour à tour sur scène pour dire leur point de vue, échanger avec les ados. Au milieu de ce défilé, un homme rendait une tête de moins à l’assemblée, cheveux noirs tempétueux, lunettes de professeur. Il n’a dit qu’une phrase de tout l’après-midi : « Je m’intéresse au n’importe quoi (...)